Les tests linguistiques de la magistrature belge : articles 5 et 6
Deux examens portent le même nom d’usage et ne demandent pas la même chose. Voici ce que l’article 5 et l’article 6 évaluent, qui s’y présente, dans quel sens on y traduit, et comment les points se comptent — sans un mot de plus que ce qui est établi.
En bref
- Deux examens, trois modules chacun (vocabulaire, écrit, oral) : à l’article 5, vous lisez l’autre langue et rédigez dans la vôtre ; à l’article 6, vous rédigez aussi dans l’autre langue. Le test de vocabulaire existe dans les deux.
- Vocabulaire : 70 questions et seuil de 60 pour l’article 5 ; 140 questions et seuil de 115 pour l’article 6.
- Sens : au test de vocabulaire, l’article 5 se passe vers la langue de votre diplôme ; l’article 6 dans les deux sens.
- Barème : article omis, tous les points ; article erroné, la moitié ; faute d’orthographe, zéro.
- Qui : magistrats et candidats à la magistrature — et aussi les non-magistrats titulaires d’un master, d’une licence ou d’un doctorat en droit. Vous n’êtes pas magistrat ?
- Programme : un syllabus officiel de vocabulaire juridique, trilingue (français, néerlandais, allemand), publié par l’organisateur.
Sans compte, sans installation. En français et en néerlandais.
Blok Learning est une application indépendante, sans lien avec l’organisateur de ces examens. Cette page décrit le format et la notation tels qu’ils sont publiés ; elle ne remplace ni le règlement, ni le programme officiel, ni la convocation que vous recevez.
Qui passe les articles 5 et 6
Ces épreuves sont organisées par le SPF BOSA. Leur base est double : la loi linguistique judiciaire du 15 juin 1935, en son article 43quinquies, et l’arrêté royal qui l’exécute, daté du 19 décembre 2002. Elles donnent accès au certificat linguistique qu’une série de fonctions judiciaires réclament.
Le nom trompe : ces examens ne sont pas réservés aux magistrats en fonction. Ils sont aussi ouverts aux personnes qui ne sont pas magistrates et qui détiennent un master, une licence ou un doctorat en droit. En pratique, on y trouve donc :
- des magistrats et des candidats à la magistrature ;
- des stagiaires judiciaires ;
- des avocats qui visent une nomination ;
- des juristes dont la fonction demande ce certificat.
Une confusion qui coûte du temps
Le personnel judiciaire — greffiers, secrétaires de parquet, assistants — passe un autre examen, dont les articles portent malheureusement les mêmes numéros. Celui-là s’organise en modules de compétences, sans liste de vocabulaire publiée. Si c’est votre cas, cette page ne décrit pas votre épreuve, et le programme de vocabulaire dont il est question plus bas ne vous concerne pas.
Article 5 ou article 6 : la différence tient dans un seul mot, « écrire »
Les deux examens portent sur la seconde langue nationale, mais pas sur la même étendue.
- L’article 5 porte sur l’oral dans les deux sens — comprendre ce qu’on vous dit et vous exprimer — et sur l’écrit en compréhension seulement. Vous devez lire l’autre langue, pas la produire par écrit.
- L’article 6 reprend tout cela et y ajoute l’écrit en production. Vous devez aussi écrire dans l’autre langue.
Cette différence unique commande tout le reste : le nombre de questions du test de vocabulaire, le sens dans lequel on y traduit, et le seuil à atteindre.
Dans quel sens on traduit
Le programme officiel le dit sans détour : selon l’article présenté, la connaissance demandée est passive seulement — on traduit vers sa propre langue — ou passive et active — on traduit dans les deux sens.
- Article 5 : vous traduisez vers la langue de votre diplôme. Un diplôme francophone traduit du néerlandais vers le français ; un diplôme néerlandophone, du français vers le néerlandais. La direction n’est donc pas la même pour tout le monde : elle dépend de votre diplôme, pas d’une règle fixe.
- Article 6 : les deux directions, dans la même épreuve.
Ce n’est pas un détail de forme. Reconnaître un terme quand on le lit et le produire de mémoire sont deux compétences distinctes, et elles ne progressent pas au même rythme. S’entraîner longuement dans un sens qu’on ne passera pas, c’est travailler une moitié qui ne sera jamais interrogée — et se croire prêt sur la foi d’un chiffre qui ne mesure pas la bonne chose.
Le test de vocabulaire : combien de questions, quel seuil
La partie que cette page décrit — et la seule que Blok entraîne — est le test de terminologie juridique : des traductions, terme à terme.
- Article 5 — 70 traductionsUne seule direction, vers la langue de votre diplôme. Seuil : 60 points sur 70.
- Article 6 — 140 traductionsDans les deux sens, au sein de la même épreuve. Seuil : 115 points sur 140.
Les deux seuils sont hauts : plus de huit dixièmes des points. C’est la signature d’une épreuve de terminologie, où la réponse attendue est un terme précis et non une formulation approchante. Une paraphrase juste, un synonyme défendable, un mot voisin : rien de tout cela ne rapporte.
Comment c’est noté : l’article, l’orthographe, et le reste
La notation de cette épreuve est fixée par le règlement des examens linguistiques du SPF BOSA, à son article 41, publié au Moniteur belge du 11 janvier 2023. Trois règles, très courtes, qui décident de beaucoup de points.
- On ne vous réclame pas l’article des substantifs. Une traduction juste donnée sans article vaut la totalité des points de la question. Vous ne perdez rien à l’omettre.
- Un article erroné vous retire la moitié des points de la question, même si le mot, lui, est le bon.
- Une faute d’orthographe fait tomber la réponse à zéro : elle est traitée comme une réponse fausse, sans demi-mesure.
Lues ensemble, ces trois règles disent quelque chose de contre-intuitif, et qui mérite d’être su avant le jour de l’épreuve plutôt qu’après : le genre n’est pas exigé, mais s’il est donné, il est jugé. Un article dont vous n’êtes pas certain vous coûte donc davantage qu’une réponse sans article du tout. Et l’orthographe ne pardonne rien : sur une épreuve écrite, une lettre fait la différence entre un point entier et zéro.
Le reste ne rapporte rien : un autre mot, fût-il proche ou parfaitement défendable, vaut zéro. C’est ce qui rend ce type d’examen redoutable pour des juristes rompus à l’argumentation — on ne discute pas un terme de liste, on le sait ou on ne le sait pas.
Ce que ces examens contiennent et que Blok n’entraîne pas
Une préparation honnête commence par dire ce qu’elle ne couvre pas. Blok travaille le vocabulaire juridique, et rien d’autre. Ne comptez pas sur lui pour :
- l’épreuve orale des articles 5 et 6 ;
- la rédaction du résumé et du commentaire demandés lors de la première épreuve écrite ;
- l’allemand. Le programme officiel de la magistrature est trilingue — français, néerlandais, allemand — et Blok ne travaille aujourd’hui que le français et le néerlandais.
Ces trois limites sont écrites aussi dans l’application, à l’endroit où l’on choisit son épreuve. Une limite qu’on ne déclare qu’en petits caractères sur un site n’est pas déclarée.
L’entraîneur gratuit de l’Institut de formation judiciaire, et ce que Blok fait
L’Institut de formation judiciaire met en ligne, en accès libre, un « IFJ Entraîneur en langues » pour revoir le vocabulaire juridique en vue de l’examen linguistique des magistrats, en français, en néerlandais et en allemand, sur ordinateur, tablette et téléphone. Il est gratuit et ne demande pas de compte.
Nous ne le comparons pas à Blok : nous n’en avons lu que la page de présentation. Ce que Blok fait, lui, est décrit ci-dessous — un plan jusqu’à la date de l’examen, la répétition espacée, l’article appris avec le mot, et un test blanc de vocabulaire, vers la langue de votre diplôme pour l’article 5 et dans les deux sens pour l’article 6. Les deux outils ne s’excluent pas.
Les pages officielles de l’examen, les dates et l’inscription : les tests linguistiques en matière judiciaire, chez l’organisateur.
Comment Blok vous y prépare
Blok ne simule pas l’examen entier : il entraîne le test de vocabulaire, au format publié — nombre de questions, sens de traduction et barème. Ce qui donne, concrètement :
Votre épreuve, dans votre sens
Vous indiquez la langue de votre diplôme ; l’entraînement et l’épreuve blanche suivent la direction que vous passerez réellement. L’article 6 travaille les deux.
Une épreuve blanche au bon format
70 questions et seuil de 60 pour l’article 5, 140 et 115 pour l’article 6. Aucune correction pendant l’épreuve : tout se corrige à la fin, faute par faute.
Le barème publié, appliqué à l’épreuve blanche
Article omis, tous les points. Article erroné, la moitié. Faute d’orthographe, zéro. Blok ne compte pas comme fautes les majuscules ni l’espace après l’apostrophe ; le jury peut être plus strict.
Un plan jusqu’au jour J
Vous fixez la date de l’examen. Chaque jour, Blok détermine ce qu’il faut apprendre, et combien, pour couvrir tout le programme à temps, puis consolide dans les derniers jours.
Ce qui résiste revient
Sept formes d’exercice alternent, et chaque terme revient au moment où il commence à vaciller — plus tôt s’il vacille, plus tard s’il tient. Ce que vous ratez revient avant la fin de la séance.
Une épreuve Éclair pour se jauger
25 termes, sans seuil, quand on veut juste savoir où l’on en est. Elle n’existe pas à l’examen, et l’application le dit à l’écran.
Accès d’essai gratuit, en cours de construction : les scores et les jauges sont des outils pédagogiques. Ils ne garantissent ni un résultat, ni le contenu d’une future épreuve.
Lire aussi : les articles 5 et 6 quand on n’est pas magistrat · l’article et le genre : ce que chaque examen en fait · le test linguistique article 11bis